Google lance les Googlebooks, une nouvelle famille d’ordinateurs portables qui doit prendre la suite des Chromebooks. Ces machines tournent sous Googlebook OS, un système basé sur Android, et arrivent sur le marché français à partir du 5 octobre. Les appareils sont déjà présentés par plusieurs constructeurs, avec de vraies promesses mais aussi quelques points qui posent question.
Les points forts des Googlebooks
Google veut tourner la page des Chromebooks, et plusieurs choix vont dans ce sens. Voyons ce qui joue en faveur de cette gamme.
Un lancement sur le haut de gamme
Les Chromebooks ont longtemps été associés aux ordinateurs bon marché utilisés surtout dans l’éducation. Cette image a freiné la montée en gamme de la marque. Quand un Chromebook premium sortait, on se demandait souvent à qui il s’adressait. Les utilisateurs qui débutaient sur un modèle d’entrée de gamme avaient aussi tendance à passer à un autre système dès que leur budget le permettait.
Avec les Googlebooks, Google repart de zéro. Les premiers modèles démarrent autour de 1 000 dollars, ils sont soignés et certains reprennent le nom d’une ligne connue comme la Dell XPS. Il n’existe pas de version économique qui fixerait un prix de référence plus bas, ce qui donne une identité claire à la gamme.
Android au cœur du système
Sur un Chromebook, les applications Android passaient par une couche supplémentaire, ce qui provoquait parfois des ralentissements ou des bugs. Sur un Googlebook, c’est l’inverse. Le système entier repose sur Android, les applications fonctionnent donc sans émulation. Google a aussi commencé à proposer des applications propres à la plateforme, comme un éditeur de texte, et travaille avec des développeurs pour obtenir des versions adaptées à l’ordinateur.
Une utilisation proche de celle d’un smartphone
Beaucoup de jeunes utilisateurs ont grandi avec des téléphones et des tablettes. La gestion classique des fichiers et des dossiers leur est moins familière. Les Googlebooks se rapprochent de la logique d’un iPad ou d’un Chromebook, ce qui correspond à la façon dont ces personnes utilisent déjà leurs appareils.
Une intégration avec les téléphones Android 17
Les Chromebooks proposaient déjà des fonctions de liaison avec un téléphone, comme l’affichage des notifications, le partage de connexion ou l’accès aux photos. Sur les téléphones Pixel, il était même possible d’ouvrir des applications à distance. Dans la pratique, ces options marchaient de façon irrégulière. Avec Googlebook OS et Android 17 qui reposent sur la même base, l’échange entre le téléphone et l’ordinateur devrait être plus fiable et pourrait rivaliser avec ce que propose Apple entre un iPhone et un Mac.
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Les points faibles des Googlebooks
Tout n’est pas parfait sur cette nouvelle gamme. Trois points peuvent freiner les acheteurs.
Peu d’applications pensées pour les grands écrans
L’idée d’avoir de vraies applications Android sur grand écran n’est pas nouvelle. Google a déjà essayé avec Android 12L, Android 13 et les versions suivantes, puis sur les Chromebooks. Les développeurs ne se sont pas précipité pour proposer des versions adaptées. Cette fois, les applications seront natives, mais Google n’a pas mis en avant ses propres services au lancement. Google Docs, Gmail, Agenda, Keep, Tasks, YouTube ou YouTube Music pourraient tous avoir une version optimisée pour Googlebook OS. Pour l’instant, la firme continue de pousser l’accès par le web.
L’IA, un sujet qui divise
Google met en avant ses fonctions d’intelligence artificielle sur les Googlebooks, comme il le fait sur les Pixel. Or une partie du public se montre aujourd’hui méfiante envers l’IA générative. Certains internautes ont même surnommé la gamme « Slopbook », au point que la recherche « Google Slopbook » affiche l’aperçu IA consacré aux Googlebooks.
Google reste prudent sur le sujet. L’entreprise ne met pas en avant la création de textes ou d’images, qui sont les usages les plus contestés. Elle présente plutôt Magic Pointer, Create My Widget et une année de Gemini offerte. Reste à savoir si cela suffira à convaincre les jeunes utilisateurs qui rejettent l’IA par principe.
Le passé de Google avec ses produits matériels
Google a pris l’habitude de lancer des produits puis de les arrêter s’ils ne trouvent pas leur public. Du côté des ordinateurs et tablettes, les Pixelbook, Pixelbook Go, Pixel Slate et Pixel Tablet n’ont pas eu de suite. Pour un appareil vendu environ 1 000 dollars, cet historique pèse sur la décision d’achat. Certains acheteurs préféreront attendre deux ans pour voir si la plateforme tient, alors que Google, de son côté, attendra peut-être des ventes suffisantes avant de s’engager sur la durée.
Le fait que Google travaille avec des constructeurs haut de gamme et propose des machines destinées aux professionnels laisse penser que le projet devrait durer. Ce passé influencera tout de même l’opinion, au moins chez les passionnés et les influenceurs tech.
Que penser des Googlebooks avant leur sortie ?
Les Googlebooks partent sur de bonnes bases, mais il est encore tôt pour se faire un avis solide. Tout dépendra de ce que Google proposera dans les prochains mois, et de la façon dont les ordinateurs se comporteront au quotidien.
Pour l’instant, le plus sage est d’attendre les premiers tests complets. Un ordinateur à ce prix mérite d’être essayé avant d’être acheté. Si vous utilisez déjà un Chromebook et qu’il vous convient, rien ne presse non plus.
