Google a officiellement lancé son nouveau laptop hybride Android/ChromeOS. Après des mois de rumeurs, de fuites et d’un teasing minutieux depuis mai dernier, les cinq premiers modèles sont en précommande depuis le 21 septembre, avec une arrivée en boutique prévue début octobre.

Voici ce qu’il faut savoir sur ces machines.

Qu’est-ce qu’un Googlebook ?

Un Googlebook est un ordinateur portable qui tourne sous un système baptisé Googlebook OS. Il s’agit d’un système bâti sur la base technique d’Android, à laquelle Google a greffé les fondations bureautiques de ChromeOS et un noyau Linux natif. En interne, ce projet est connu depuis plus d’un an sous le nom de code Aluminium OS, un terme apparu dans plusieurs fuites et dans les documents du procès antitrust visant Google aux États-Unis.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, le Googlebook n’a rien à voir avec Google Books, le service de recherche de livres numériques que Google exploite depuis 2004. 

Le projet a été présenté pour la première fois en mai 2026, lors de The Android Show, l’édition Android de Google I/O. Alexander Kuscher, directeur senior en charge des ordinateurs portables et tablettes chez Google, a expliqué à cette occasion que l’entreprise avait introduit le Chromebook il y a plus de quinze ans pour un monde tourné vers le cloud, et qu’elle voyait aujourd’hui l’occasion de repenser l’ordinateur portable pour l’ère de l’IA.

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Un mariage Android-ChromeOS, mais pas à parts égales

Sur le papier, Google présente Googlebook OS comme le meilleur des deux mondes. Dans les faits, les premiers tests menés par la presse spécialisée montrent que le système est avant tout un Android pensé pour un grand écran, autour duquel gravitent Gemini Intelligence et quelques emprunts à ChromeOS. Ce n’est donc pas une fusion à 50-50 entre les deux systèmes.

L’interface reprend les repères d’Android, avec les notifications et les réglages rapides dans un coin de l’écran, l’horloge dans un autre, et un dock centré en bas. Cette disposition rappelle l’éphémère Android 3.0 Honeycomb de 2010, pensé lui aussi pour les grands écrans. L’écran d’accueil est personnalisable avec des widgets et des raccourcis à volonté, ce qui tranche avec l’approche plus rigide de ChromeOS.

Toutes les applications Android du Play Store peuvent s’installer nativement sur la machine sans passer par un conteneur virtualisé. Google promet aussi une boutique Play Store repensée pour Googlebook, avec des catégories distinctes pour les applications pensées pour le bureau, celles optimisées pour le bureau, les expériences web bureautiques et les applications mobiles classiques. Des éditeurs comme Capcut, Luminar ou Fantastical ont déjà développé des versions dédiées de leurs logiciels pour tirer parti du multifenêtrage et de la précision clavier-souris offerts par ces machines.

Côté navigateur, Google promet une version complète de Chrome, avec la prise en charge des extensions et un rendu identique à celui d’un ordinateur classique.

L’intelligence artificielle au centre de l’expérience

Gemini est présent à plusieurs endroits du système. Google en a fait d’ailleurs l’argument commercial principal du lancement.

La fonction la plus mise en avant s’appelle Magic Pointer. Développée avec l’équipe Google DeepMind, elle s’active en secouant simplement le curseur de la souris. Gemini analyse alors ce qui se trouve à l’écran à cet endroit et propose des actions contextuelles. Google donne l’exemple d’un utilisateur qui survole une date dans un courriel pour créer un rendez-vous dans Calendar en un clic, ou qui sélectionne deux images pour demander à l’IA de les combiner visuellement. Un survol sur un courriel suspect permet aussi de demander à Gemini d’en vérifier la fiabilité.

À cela s’ajoute Magic Cue, une fonction de suggestions proactives déjà présente sur les téléphones Pixel depuis un moment. Rambler, un nouveau système de dictée vocale intégré au niveau du système, permet de convertir la parole en texte dans n’importe quelle application. Une fonction nommée Create your Widget doit permettre de générer ses propres widgets à partir d’une simple description écrite, en s’appuyant sur les données de Gmail ou Calendar.

Quick Access, de son côté, donne accès aux fichiers stockés sur le téléphone directement depuis l’explorateur de fichiers du Googlebook, sans transfert manuel, et permet de rechercher une image à partir de son contenu plutôt que de son nom, comme c’est déjà le cas dans Google Photos.

Chaque Googlebook arbore enfin une barre lumineuse distinctive, la glowbar, avec des animations au démarrage et la possibilité de connaître le niveau de batterie en la touchant d’une certaine façon.

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Ce qui manque à l’appel : Windows

Là où Google avait investi des années d’efforts pour faire tourner des applications Windows sur les Chromebook, l’entreprise fait l’impasse sur cette compatibilité avec Googlebook OS. Un porte-parole a expliqué que la marque ne cherche pas à assembler des couches logicielles héritées du PC ni à s’appuyer sur une émulation Windows, mais préfère construire directement sur la base Android.

Cela signifie qu’un utilisateur qui a besoin de la version complète de Photoshop ou de PowerPoint, ou dont l’entreprise dépend d’un logiciel propriétaire disponible uniquement sous Windows, devra se tourner ailleurs. Pour Microsoft Office, il faudra composer avec les applications web ou les versions Android, plutôt qu’avec les logiciels de bureau habituels. Les Googlebook embarquent en revanche un environnement Linux Debian accessible via une application Terminal, ce qui permet d’installer des programmes compatibles en ligne de commande, comme sur les Chromebook actuels.

Cinq modèles, cinq profils différents

Cinq modèles de Googlebook

Google a fixé un socle minimal pour tous les constructeurs partenaires, avec 16 Go de RAM, un écran tactile et un processeur Intel ou Qualcomm, des puces MediaTek étant annoncées pour plus tard. Cinq marques proposent leur modèle au lancement, avec des différences de taille, d’autonomie et d’architecture assez marquées.

L’Acer Googlebook 14 est le moins cher du lot à 899 dollars. C’est aussi le seul convertible de la gamme, avec un écran tactile qui pivote pour se transformer en tablette. Acer a précisé à la presse que ce tarif constitue un prix de lancement susceptible d’évoluer.

Le Dell XPS Googlebook mise sur la légèreté avec 2,2 livres sur la balance et un écran de 13,4 pouces. Il embarque un processeur Qualcomm Snapdragon X Elite et démarre à 999 dollars, pour une autonomie annoncée de 18 heures.

Le HP Googlebook 14 partage la même puce Snapdragon que le Dell, mais dans un format 14 pouces plus classique, avec un écran OLED 2,8K et 500 nits de luminosité. Il propose la reconnaissance faciale et un capteur d’empreintes. Le tarif de lancement est de 1299 dollars et l’autonomie proposée est la plus longue de la gamme, autour de 19 heures.

L’Asus Googlebook 14 se distingue aussi par son poids plume de 2,2 livres et son processeur Intel Core Ultra 7, le seul de la gamme à ce niveau. Il démarre également à 1299 dollars.

Le Lenovo Googlebook 15 est le seul modèle à proposer un grand écran de 15,3 pouces, en OLED avec jusqu’à 1100 nits de luminosité, tout en restant relativement léger grâce à un châssis en alliage de magnésium et fibre de carbone. Il tourne sur un Intel Core Ultra 5 de la génération Panther Lake. Le tarif de lancement est à 1099 dollars pour le modèle avec 512 Go de stockage.

Tous les modèles sont accompagnés d’un an d’accès gratuit à l’offre Google AI Pro, qui inclut 5 To de stockage cloud, un avantage estimé à 250 dollars par Google, ainsi qu’un accès à Gemini Spark. Google promet aussi dix années de mises à jour logicielles pour chaque appareil.

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Disponibilité par pays

Les précommandes ont ouvert le 21 septembre sur le Google Store. La commercialisation débute le 4 octobre aux États-Unis, puis le 5 octobre en France, au Canada, au Royaume-Uni, en Irlande, en Australie et en Allemagne.

En France, les précommandes sont ouvertes chez Boulanger et Fnac Darty, avec des tarifs à partir de 1099 euros et une disponibilité en magasin dès le 5 octobre. En Allemagne, quatre modèles sont proposés sur la boutique officielle Google, sans le Dell, avec des tarifs allant de 1199 euros pour le HP à 1399 euros pour l’Asus. L’offre de lancement avec les douze mois de Google AI Pro ne couvre pour l’instant que les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la France et l’Allemagne. Aucune date n’a encore été communiquée pour les autres pays.

Pour un particulier déjà équipé d’un téléphone Android, la promesse de continuité entre les appareils, l’accès natif aux applications Play Store et le tarif d’entrée à 899 dollars rendent le Googlebook attractif, à condition d’accepter de se passer de tout logiciel Windows. Pour une entreprise ou une administration dépendante d’outils professionnels disponibles uniquement sous Windows, la question ne se pose pas encore, et il faudra sans doute attendre que Google précise ses intentions sur le sort à moyen terme de ChromeOS avant de basculer une flotte entière vers cette nouvelle génération de machines.