Le doomscrolling a désormais un contraire, le bloomscrolling. Plutôt que de faire défiler sans fin des nouvelles anxiogènes, le bloomscrolling permet de choisir volontairement des contenus positifs, rassurants ou inspirants. La tendance circule sur les réseaux sociaux et intéresse aussi les professionnels de la santé mentale.

Qu’est-ce que le bloomscrolling ?

Le mot vient de l’anglais « bloom », qui signifie « fleurir ». Il fait écho au doomscrolling, cette habitude de parcourir pendant des heures des actualités négatives sur son téléphone sans s’en rendre compte.

Le bloomscrolling consiste à reprendre la main sur ce que vous regardez. Il ne s’agit pas de fuir l’actualité ni de nier les sujets difficiles. L’objectif est de faire des choix plus conscients, afin que le temps passé en ligne vous laisse informé et connecté, plutôt que submergé ou vidé de votre énergie.

Pourquoi le doomscrolling pose problème ?

D’après des spécialistes de Harvard, consommer trop de contenus anxiogènes est associé à de l’anxiété et à de la dépression. Des effets physiques sont aussi cités, comme des maux de tête, une baisse d’appétit, des troubles du sommeil ou une tension artérielle plus élevée.

Après des années à voir défiler des informations stressantes, beaucoup d’utilisateurs cherchent un autre type de contenu. Les publications qui apportent de l’espoir, du réconfort ou de l’inspiration peuvent offrir une courte pause émotionnelle et casser le cycle de stress que le doomscrolling entretient.

Les thérapeutes font une comparaison avec la nourriture. Comme on veille à l’équilibre de ses repas, il est utile de surveiller l’équilibre de ce que l’on consulte en ligne. Ce que vous voyez de façon répétée influence vos pensées et votre bien-être général.

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Une tendance qui dépasse l’écran

Sydney Stanback, responsable des tendances et des analyses mondiales chez Pinterest, observe le même mouvement. Selon elle, les utilisateurs deviennent plus attentifs à ce qu’ils laissent entrer dans leur fil et à l’effet que cela produit sur eux.

Les chiffres de la plateforme vont dans ce sens. Dans son rapport Men’s Trend Report 2026, Pinterest indique que les recherches liées aux « offline hobbies », c’est-à-dire les loisirs hors ligne, ont augmenté de 551 % en un an. L’expression « no phone ideas », qui désigne des idées d’activités sans téléphone, est elle aussi en hausse. Pour Sydney Stanback, cela montre que la volonté de choisir ses contenus se prolonge dans les activités du quotidien.

Comment pratiquer le bloomscrolling ?

Aucune méthode officielle n’existe, mais quelques réflexes vont dans le sens de la démarche :

  • Repérer les comptes et les sujets qui vous mettent de bonne humeur, puis en suivre davantage
  • Masquer ou arrêter de suivre ceux qui vous stressent à chaque visite
  • Garder un moment pour vous informer, sans passer par un défilement continu
  • Alterner avec des activités sans écran si le téléphone prend trop de place dans votre journée

Le bloomscrolling n’est pas un remède miracle et ne remplace pas l’actualité. C’est surtout une façon de rééquilibrer ce que vous consommez en ligne. Pour les personnes qui se sentent épuisées par leur fil d’actualité, cela peut être un point de départ facile à tester.