Le nom Twitter refait surface, mais pas de la manière dont on pouvait s’y attendre. Un projet baptisé Operation Bluebird vient de lancer twitter.now, un réseau social qui n’a strictement rien à voir avec X Corp d’Elon Musk. L’idée derrière ce lancement joue clairement sur la nostalgie des utilisateurs qui regrettent l’ancien oiseau bleu. Sauf que derrière la promesse, les conditions d’utilisation racontent une tout autre histoire.
Un accès anticipé payant, mais pas si sûr
Pour rejoindre twitter.now avant tout le monde, il faut débourser 20 dollars. Cette somme donne accès au statut de “Founder”, réserve votre pseudo et vous octroie un badge numéroté censé prouver que vous faites partie des premiers arrivants. Les plus motivés peuvent aller jusqu’à 40 dollars ou plus pour devenir “Fighter” et, au passage, participer au financement du bras de fer juridique de l’entreprise contre X.
Car c’est bien là que se niche l’origine du projet. L’équipe fondatrice de twitter.now comprend Stephen Coates, ancien conseiller juridique de Twitter spécialisé dans les questions de marque. X avait d’ailleurs poursuivi la startup l’année dernière lorsque celle-ci a tenté de relancer un service sous le nom Twitter. De son côté, Operation Bluebird a déposé une requête auprès de l’Office américain des brevets et des marques, affirmant que X aurait abandonné légalement les marques “Twitter” et “Tweet”.
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La promesse du site ne colle pas avec les conditions d’utilisation
Le site de twitter.now affirme que payer 20 dollars permet de verrouiller son pseudo. Le problème, c’est que les conditions générales disent tout autre chose. On y apprend noir sur blanc que ce paiement d’accès anticipé n’achète, ne réserve et ne garantit en rien la disponibilité, l’exclusivité ou l’usage continu d’un nom d’utilisateur. Les pseudos restent donc soumis à une simple licence, et non à une propriété réelle. Bluebird se réserve le droit de les rejeter, de les modifier, de les récupérer, de les réattribuer ou tout simplement de les supprimer.
Autrement dit, il faudra sans doute patienter avant que ces 20 dollars ne rachètent réellement quoi que ce soit.
Le reste des conditions d’utilisation n’est pas beaucoup plus rassurant. Les fonctionnalités proposées en accès anticipé peuvent rester incomplètes, devenir indisponibles ou être abandonnées à tout moment. L’entreprise conserve aussi le droit de modifier ou d’arrêter complètement le service sans préavis. Et une fois l’achat effectué, aucun remboursement n’est prévu quel que soit le palier choisi.
Il y a même une contradiction assez frappante dans le positionnement du service. Twitter.now se présente comme une alternative basée sur la confiance, à l’opposé de X. Pourtant, l’entreprise s’octroie une licence permanente, transférable et valable dans le monde entier sur les publications des utilisateurs, avec la possibilité de les exploiter à des fins commerciales, publicitaires, marketing, ou pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle.
Des alternatives gratuites existent déjà
Ce type d’offre a de quoi surprendre alors que des plateformes comme Bluesky proposent depuis plusieurs années un fonctionnement proche de l’ancien Twitter, ouvert à tous et sans frais pour choisir son pseudo. Twitter.now demande donc aux utilisateurs de payer pour un privilège que d’autres réseaux offrent gratuitement, sans même avoir encore prouvé sa capacité à attirer une communauté suffisamment large pour recréer un véritable espace public en ligne.
Reste à voir si twitter.now parviendra un jour à incarner la suite logique du Twitter d’origine. Pour l’instant, les 20 dollars investis ne rachètent qu’une promesse, pas une certitude.
