La plupart des gens demandent quelque chose à Claude et prennent la première réponse, même quand elle tombe un peu à côté. En fait, Claude ne sait rien de vous au moment où il répond. Ni votre métier, ni le public visé, ni le niveau de détail attendu. Alors il devine, et il devine large. Le résultat est souvent correct, mais rarement vraiment juste.

Il existe une astuce toute simple pour corriger ça, et elle se règle une bonne fois pour toutes dans les paramètres.

Le problème vient-il de Claude, ou du brief qu’on lui donne ?

Demandez à Claude de “créer une présentation sur le marketing d’influence” et vous obtiendrez un résultat propre, bien structuré, mais générique. Claude n’a aucune idée de qui vous êtes, ni de ce que vous comptez faire de cette présentation. Elle va servir devant un comité de direction ? Des étudiants en BTS ? Des clients d’agence ? Faut-il dix slides ou trente, un ton institutionnel ou plus décontracté ? Sans ces informations, le modèle comble les trous avec des hypothèses statistiquement raisonnables, celles qui correspondent à peu près à l’utilisateur moyen.

C’est en fait le fonctionnement normal de n’importe quel modèle de langage, pas une faiblesse propre à Claude. ChatGPT et Gemini procèdent globalement de la même manière. Pour produire une réponse cohérente sans poser dix questions à chaque message, ces outils s’appuient sur des suppositions implicites. Et ces suppositions tombent rarement exactement sur ce que vous vouliez, sauf si la demande de départ était déjà très précise.

La première réaction, assez logique d’ailleurs, consiste à vouloir tout détailler dans le prompt. Public cible, longueur, ton, structure, exemples attendus, etc. Ça fonctionne, mais avec une limite pratique évidente, on oublie toujours un critère au passage. Et rédiger un cahier des charges complet chaque fois qu’on veut un simple mail ou un tableau est plus fastidieux que ce que ça apporte.

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L’astuce : demander à Claude de poser les questions lui-même

Plutôt que de tout préciser en amont, on demande carrément à Claude de poser lui-même les questions nécessaires avant de répondre. C’est lui qui repère ce qui manque, pas vous qui devez tout anticiper.

En pratique, ça revient à ajouter une consigne de ce genre au début d’un prompt, ou directement dans les paramètres du compte.

Pose des questions de clarification dès que ma demande comporte une ambiguïté qui changerait significativement ta réponse. Ne le fais pas pour des questions simples ou factuelles. Privilégie un format de réponse avec des choix cliquables plutôt qu’une liste de questions à rédiger.

Sur le papier, ça ressemble presque à un détail. Dans les faits, ça change pas mal de choses. Reprenons l’exemple de la présentation sur le marketing d’influence. Avec cette consigne active, Claude va demander le contexte d’utilisation, le public visé, le nombre de slides souhaité, et parfois même le niveau de détail attendu sur chaque partie. Deux ou trois clics plus tard, le brief est complet, sans qu’il ait fallu y réfléchir en amont.

Même logique pour une demande d’explication sur un sujet technique. Sans précision, Claude livre une réponse de niveau intermédiaire, ni trop simple ni trop poussée, qui finalement ne convient vraiment à personne en particulier. Avec la consigne de clarification, l’IA demande d’abord le niveau de départ et l’usage prévu. La différence se voit tout de suite sur la réponse finale, qui colle enfin à un besoin réel plutôt qu’à une moyenne statistique.

Anthropic encourage d’ailleurs ce type de pratique dans sa documentation sur l’ingénierie de prompt, qui recommande d’être explicite sur le format attendu et d’inciter le modèle à raisonner étape par étape avant de produire sa réponse finale.

Où placer cette consigne pour qu’elle s’applique automatiquement

Claude permet d’enregistrer cette consigne une fois pour toutes, et il existe deux endroits pour le faire selon la portée souhaitée.

#. Les instructions personnalisées du compte

C’est l’option la plus large. Dans les paramètres du compte Claude, une section permet de définir des instructions qui s’appliqueront à toutes les conversations, quel que soit le sujet abordé. Pour y accéder, il faut cliquer sur ses initiales en bas à gauche de l’interface, ouvrir les paramètres, puis se rendre dans le champ intitulé “Instructions pour Claude”.

C’est l’endroit logique pour coller la consigne de clarification, puisqu’elle a vocation à s’appliquer partout, du simple mail à la note stratégique en passant par la création de tableaux.

#. Les instructions de projet

Si vous ne voulez pas que ce comportement s’applique systématiquement, mais seulement dans un cadre de travail précis, mieux vaut passer par les Projets. Cette fonctionnalité permet de créer un espace dédié à une activité récurrente, avec ses propres instructions, ses propres documents de référence, et sa propre mémoire de contexte. La consigne de clarification ajoutée à un Projet ne s’appliquera qu’aux conversations lancées depuis cet espace, ce qui évite de polluer les usages plus ponctuels.

Cette approche par Projet a un autre avantage. Elle permet d’associer la consigne à un contexte métier bien identifié, par exemple la rédaction de rapports clients ou la préparation de supports commerciaux, sans avoir à la répéter dans chaque instruction de compte.

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Une nuance à ne pas négliger avant de généraliser cette consigne

Cette astuce améliore nettement la pertinence des réponses, mais elle n’est pas universellement bonne. Pour une question factuelle simple, comme connaître la capitale d’un pays ou convertir une unité, ce détour par des questions de clarification n’apporte rien et ralentit juste l’échange. 

La solution consiste à borner explicitement la consigne, en précisant que les questions ne doivent intervenir que lorsque l’ambiguïté affecterait réellement le résultat, jamais pour les demandes simples ou purement factuelles. C’est exactement ce que prévoit la formulation proposée plus haut, avec la mention “questions simples ou factuelles” qui fait office de garde-fou.

Il vaut aussi mieux éviter d’empiler trop de règles différentes dans les instructions de compte. Une consigne trop générale, du type “utilise toujours un ton formel” ou “réponds toujours en moins de 200 mots”, peut finir par desservir des usages qui n’en ont pas besoin. Mieux vaut réserver les instructions de compte aux règles qui font sens dans tous les contextes, comme celle sur la clarification, et déplacer les préférences plus spécifiques dans des Projets dédiés.

Et si vous voulez aller plus loin que la simple consigne de clarification

Une fois cette première amélioration en place, deux autres réglages de Claude méritent d’être explorés :

Le premier concerne la mémoire conversationnelle, qui peut être activée depuis les paramètres du compte. Une fois activée, Claude retient certains éléments d’une conversation à l’autre, le métier de la personne, ses préférences de format, des informations récurrentes sur ses projets, ce qui réduit encore le besoin de tout recontextualiser à chaque échange.

Le second concerne les Skills, une fonctionnalité qui permet de créer des comportements réutilisables et invocables à la demande. Contrairement aux instructions de compte, qui s’appliquent en permanence, une Skill ne se déclenche que lorsque c’est pertinent, par exemple pour appliquer systématiquement une charte éditoriale précise lors de la rédaction d’articles.

Ces réglages ne sont pas réservés aux utilisateurs avancés. Quelques minutes suffisent pour les mettre en place, et le gain de pertinence sur les réponses se fait sentir dès les premiers échanges. La consigne de clarification reste tout de même le réglage le plus simple à tester en premier, puisqu’elle ne demande qu’un copier coller dans les paramètres, sans connaissance technique particulière.