Selon une étude publiée en mars 2026 par Coface et l’Observatoire des emplois menacés et émergents, environ 5 millions de salariés français pourraient voir leur poste fragilisé par l’IA générative d’ici 2 à 5 ans. Un chiffre qui représente 16,3 % de l’emploi total en France.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont décomposé chaque métier en tâches élémentaires, attribué à chacune un score d’automatisation, puis croisé les données avec les volumes d’emploi par secteur. Une approche factuelle, basée uniquement sur ce que l’IA sait réellement faire aujourd’hui.

Les secteurs les plus exposés

Le secteur le plus touché est celui de l’architecture et de l’ingénierie, avec 26,9 % des emplois jugés vulnérables. Juste derrière, les métiers de l’informatique et des mathématiques affichent 24,9 %.

Pour les professionnels du numérique, ce chiffre s’explique facilement. La génération de code standard, la rédaction de documentation, l’analyse de données structurées ou le support de premier niveau sont déjà des tâches que les outils actuels savent traiter correctement. Ce qui reste moins automatisable, c’est la conception d’architecture, la gestion de projet complexe ou la sécurité applicative.

Les autres secteurs fortement exposés sont les sciences de la vie et physiques (24,7 %), les arts et médias (23,8 %), le soutien administratif (23,8 %), les métiers financiers (22,3 %) et les professions juridiques (21,6 %).

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Les hauts revenus plus exposés que les bas revenus

C’est le point le plus surprenant de l’étude. Ce ne sont pas les emplois peu qualifiés qui sont les plus menacés à court terme, mais les professions qualifiées et bien rémunérées.

Les 10 % des salariés les mieux payés présentent une exposition de 22,1 %. Les trois déciles de revenus les plus élevés dépassent tous les 20 %. La raison est simple : l’IA générative est efficace sur les tâches cognitives structurées, la production de texte, l’analyse et la synthèse de documents. Ce sont précisément les activités au cœur des professions intermédiaires et supérieures.

À l’inverse, les métiers manuels ou nécessitant une présence physique sont beaucoup moins concernés. Le nettoyage et l’entretien des bâtiments affichent seulement 5,4 % d’emplois à risque, la restauration 7,5 % et l’agriculture 7,9 %.

Ce que cela signifie pour les professionnels du numérique

Les postes qui reposent principalement sur des tâches répétitives et bien délimitées sont ceux qui évoluent le plus vite. En parallèle, la demande monte pour des profils capables d’utiliser ces outils, de les intégrer dans des processus existants et de superviser leur production.

L’adoption de l’IA reste encore progressive dans les entreprises françaises. Mais la tendance est là. Anticiper cette évolution en montant en compétences sur l’utilisation concrète des outils d’IA est aujourd’hui plus utile qu’ignorer le sujet.

Source : ouest-france.fr