Google vient de généraliser une fonction dans Search Console qui va vous faire gagner un temps considérable. Le filtre de requêtes de marque est maintenant accessible à tous les sites éligibles. Voici ce qu’il faut savoir.

Comment ça marche ?

Quand vous ouvrez le rapport de performances dans Search Console, vous pouvez maintenant filtrer vos données en deux catégories distinctes. D’un côté, les recherches qui contiennent votre nom de marque, ses variantes orthographiques ou vos produits phares. De l’autre, tout le reste.

Google utilise un système basé sur l’IA pour faire ce tri. L’algorithme reconnaît automatiquement votre marque, même avec des fautes de frappe. Si vous vous appelez “Dupont Services”, le système va attraper “dupont service”, “dupon services” ou même “dupont servises”. Pareil pour vos produits associés.

Cette classification est entièrement automatique. Vous n’avez donc rien à configurer. Le système apprend de vos données historiques et s’adapte.

Comment ça marche ?

Les critères d’éligibilité

Tout le monde ne peut pas utiliser ce filtre immédiatement. Google impose deux conditions. Première règle : votre propriété doit être de niveau racine. Les sous-domaines et les chemins d’URL ne sont pas pris en charge pour l’instant.

Deuxième condition : votre site doit générer un volume suffisant de requêtes et d’impressions. Google ne donne pas de chiffre précis, mais si votre trafic reste confidentiel, vous devrez patienter.

Le déploiement se fait progressivement depuis fin février 2026. Si vous ne voyez pas encore l’option dans votre compte, c’est normal. Ça arrivera dans les semaines qui viennent.

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Pourquoi c’était pénible avant

Avant cette mise à jour, il fallait passer par les expressions régulières. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un système de recherche avancé qui ressemble à du code incompréhensible pour le commun des mortels.

Vous deviez créer des filtres du type nommarque|nom.*marque|nomdelamarque pour capturer toutes les variations possibles. Sauf que cette méthode avait des limites évidentes. Les fautes d’orthographe imprévisibles passaient à travers (Les produits associés aussi). Et si votre marque changeait de nom ou lançait un nouveau service, il fallait tout refaire.

Vos analyses mélangeaient du trafic de notoriété avec du vrai trafic d’acquisition organique. Impossible de savoir précisément ce qui fonctionnait.

Les questions posées à John Mueller

Après l’annonce officielle, les référenceurs ont bombardé John Mueller de questions sur LinkedIn. La première concernait la possibilité d’ajouter manuellement des requêtes au filtre.

Mueller a répondu clairement : non, pas pour le moment. La seule solution pour enrichir le filtre, c’est de développer votre marque au point que Google la reconnaisse naturellement.

Quelqu’un a aussi demandé si on pouvait configurer des variantes de marque personnalisées. Même réponse. Google ne prévoit pas d’offrir cette option dans l’immédiat. Le système reste entièrement automatisé.

Autre question intéressante : est-ce que les données historiques sont reclassées rétroactivement ? La réponse est non. Le suivi commence à partir du moment où votre site devient éligible. Pour certains sites, ça remonte au 21 février 2026. Mais si votre site grandit et devient éligible plus tard, vous verrez les données apparaître à partir de cette date.

Ce que ça change pour votre analyse

La séparation entre requêtes de marque et requêtes génériques vous donne deux visions complémentaires de votre performance.

Les requêtes de marque reflètent votre notoriété. Quand ces chiffres montent, c’est que vos actions marketing fonctionnent. Campagnes publicitaires, présence médias, bouche-à-oreille, tout ça se traduit par une hausse de recherches directes sur votre nom.

Les requêtes non-marquées montrent votre vraie performance SEO. C’est le trafic que vous captez sur des recherches où les utilisateurs ne vous connaissent pas encore. Ce sont ces requêtes qui indiquent si votre stratégie de contenu et votre optimisation technique portent leurs fruits.

Avant ce filtre, une hausse globale de trafic pouvait venir d’une campagne TV qui boostait les recherches de marque. Maintenant, vous savez exactement d’où vient la croissance.

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Les limites du système automatique

Le système n’est pas parfait. Google le dit ouvertement dans sa documentation : la classification peut se tromper. Surtout sur des noms de marque ambigus ou très génériques.

Si votre entreprise s’appelle “Solutions” ou “Services”, l’IA risque de confondre vos recherches de marque avec des requêtes génériques. À l’inverse, si vous avez un nom très distinctif, la précision sera excellente.

Autre limite : vous ne pouvez pas personnaliser le système. Certains référenceurs suivaient des variantes très spécifiques avec leurs regex. Ils perdent cette granularité avec le filtre automatique.

Comment utiliser ces données efficacement

Première étape : activez le filtre dès qu’il apparaît dans votre compte. Allez dans Performances, puis Résultats de recherche, cliquez sur Ajouter un filtre et choisissez Requête. Vous verrez deux nouvelles options : Requêtes incluant une marque et Requêtes sans marque.

Comparez ensuite vos deux segments de trafic. Si vos requêtes de marque écrasent tout le reste, c’est que vous dépendez beaucoup de votre notoriété (Peut-être trop). Ça peut indiquer que votre SEO sur requêtes génériques a besoin d’un coup de pouce.

À l’inverse, si votre trafic non-marqué domine largement, c’est plutôt bon signe pour votre stratégie de contenu. Mais gardez un œil sur les requêtes de marque quand même. Une baisse sur ce segment peut signaler que vos concurrents gagnent du terrain sur la notoriété.

Utilisez ces insights pour ajuster votre stratégie éditoriale. Les pages qui attirent du trafic générique méritent plus d’attention. Ce sont elles qui vous apportent de nouveaux visiteurs.

Le rapport Insights complète le tableau

Google a aussi ajouté une carte dans le rapport Insights qui affiche la répartition des clics entre trafic de marque et trafic sans marque. Cette vue synthétique vous donne un aperçu rapide de votre mix de trafic.

Cette métrique devient un KPI à suivre régulièrement. Elle vous indique si vos efforts marketing touchent de nouvelles audiences ou si vous tournez en rond avec vos clients existants.

Pourquoi c’est important maintenant

Dans un contexte où le trafic organique devient plus difficile à acquérir, cette transparence arrive au bon moment. Les équipes peuvent enfin prouver la valeur réelle de leur travail SEO, sans que les chiffres soient gonflés par la notoriété.

Pour les agences, c’est un argument de taille face aux clients. Vous pouvez démontrer que la croissance vient bien de votre optimisation de contenu et non d’une campagne externe qui a boosté les recherches de marque.

Cette séparation aide aussi à identifier plus rapidement les problèmes. Une chute sur les requêtes génériques peut signaler un souci technique ou algorithmique. Une baisse sur les requêtes de marque indique plutôt un problème de réputation ou de concurrence.

Le filtre ne remplace pas une analyse approfondie avec des outils spécialisés. Mais il démocratise une segmentation qui était réservée aux experts. Tout le monde peut maintenant accéder à cette donnée en quelques clics.