Si vous avez des adolescents dans votre entourage, vous savez à quel point Instagram occupe une place importante dans leur vie. C’est là qu’ils partagent leurs moments du quotidien, suivent les dernières tendances, découvrent de nouveaux centres d’intérêt et restent en contact avec leurs amis. Mais cette liberté numérique peut aussi les exposer à des réalités moins reluisantes : cyberharcèlement, contenus violents ou dégradants, opinions extrêmes, dépendance au scroll infini ou encore pressions liées à l’image corporelle.
En tant que parent ou adulte, vous n’avez pas besoin de surveiller chaque publication ou chaque message, ce serait d’ailleurs contre-productif. Ce qu’il faut, c’est donner à vos ados les bons réflexes et les bons outils pour utiliser cette plateforme de manière éclairée et en toute sécurité. Voici quelques conseils concrets pour y parvenir.
1. Passer à un compte privé
C’est le premier réflexe à adopter, et sans doute le plus efficace. Rendre le compte privé signifie que seuls les abonnés approuvés par votre ado peuvent voir ses publications, ses reels et ses stories. N’importe quel inconnu ne peut plus tomber sur son profil, commenter ses photos ou lui envoyer des messages sans autorisation préalable.
Pour activer cette option, il suffit d’aller dans Paramètres > Confidentialité du compte > Compte privé. Expliquez à votre ado que ce paramètre ne limite pas sa liberté d’expression, il lui donne simplement le contrôle sur qui accède à sa vie. Et c’est une différence fondamentale.
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2. Suivre le temps d’écran et les habitudes d’utilisation
Instagram intègre un tableau de bord d’activité qui affiche le temps moyen passé sur l’application chaque jour. Ce n’est pas un outil de surveillance, c’est un miroir : il aide à prendre conscience de ses propres habitudes, souvent bien plus difficiles à percevoir quand on est dans le flux.
Accédez-y depuis votre profil > Menu (trois barres) > Votre activité > Temps passé. Fixer ensemble un temps d’écran raisonnable (par exemple 45 minutes par jour) et discuter de la manière dont ce temps est utilisé peut faire toute la différence. Ce n’est pas tant la durée qui pose problème que la qualité de l’usage : défiler passivement pendant une heure sur des contenus anxiogènes n’a pas le même impact que passer 30 minutes à échanger avec des amis ou à s’inspirer créativement.
3. Apprendre à signaler les contenus problématiques
Beaucoup d’adolescents voient des contenus qui les choquent, les blessent ou les mettent mal à l’aise… mais ne font rien, soit par peur des représailles, soit parce qu’ils ne savent tout simplement pas comment agir. Apprendre à signaler un contenu, c’est leur donner un vrai pouvoir d’action.
Montrez-leur concrètement comment procéder : appuyer sur les trois points en haut d’un post ou d’un profil, puis sélectionner Signaler. Instagram propose ensuite plusieurs catégories (harcèlement, contenu dangereux, désinformation, etc.) pour que le signalement soit traité efficacement. Insistez sur le fait que signaler n’est pas “dénoncer”, c’est protéger sa propre expérience et celle des autres.
4. Utiliser la fonction « mettre en sourdine » et bloquer intelligemment
Il existe une nuance importante que beaucoup ignorent : mettre en sourdine et bloquer ne sont pas la même chose, et chaque outil a son utilité propre.
Mettre un compte en sourdine permet de ne plus voir ses publications dans le fil d’actualité sans que la personne concernée en soit informée — pratique pour gérer les contenus qui énervent ou génèrent des émotions négatives, sans créer de conflit. Bloquer, en revanche, est une mesure plus radicale, à réserver aux situations de harcèlement, de menaces ou de comportements répétés et inacceptables.
Aidez vos ados à comprendre ces outils et à les utiliser sans culpabilité. Gérer son environnement numérique, c’est une forme d’hygiène mentale tout à fait légitime.
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5. Faire attention aux tendances et hashtags à risque
Les challenges viraux et certains hashtags populaires peuvent sembler anodins en surface, mais mener vers des communautés toxiques, des défis dangereux voire des contenus encourageant l’automutilation ou les troubles alimentaires. Les algorithmes de recommandation d’Instagram sont puissants, et une fois qu’on commence à explorer un type de contenu, il peut rapidement devenir omniprésent.
Encouragez vos ados à se renseigner sur une tendance avant de participer, et à ne pas se sentir obligés de suivre le mouvement simplement parce que “tout le monde le fait”. Discutez ouvertement avec eux des mécanismes de viralité et apprenez-leur à faire la distinction entre ce qui est fun et ce qui peut être réellement nocif.
6. Maintenir un dialogue ouvert et sans jugement
Tous les conseils techniques du monde ne remplaceront jamais une vraie conversation. La vraie sécurité en ligne, elle commence à la maison, dans la qualité de la relation que vous entretenez avec vos ados.
Posez-leur des questions sincères et sans arrière-pensée : quels comptes ils suivent en ce moment, quels contenus ils aiment, s’ils ont déjà reçu des messages qui les ont mis mal à l’aise. Et surtout, écoutez sans réagir à chaud. Un ado qui sait qu’il peut parler sans être immédiatement sanctionné ou jugé sera beaucoup plus enclin à venir vous parler quand quelque chose ne va pas. C’est cette confiance-là qui fait toute la différence dans les situations vraiment délicates.
Meta redouble d’efforts pour garantir la sécurité des mineurs sur ses plateformes. Instagram a notamment lancé des comptes adolescents avec des paramètres de sécurité activés par défaut, ainsi qu’un système de vérification d’âge basé sur l’intelligence artificielle, pour limiter l’accès des plus jeunes à des contenus non adaptés. Ces évolutions vont dans le bon sens, mais elles ne dispensent pas d’un accompagnement parental attentif.
