Google a lancé son outil de désaveu de liens en 2012, à une époque où les backlinks toxiques pouvaient plomber le classement d’un site entier. Plusieurs années plus tard, la question revient régulièrement du côté des référenceurs. Cet outil sert-il encore à quelque chose aujourd’hui, alors que les pénalités liées aux liens sont devenues rares ?
Le désaveu de liens peut encore rendre service, dans certains cas précis
John Mueller, porte-parole bien connu de Google, a récemment pris la parole sur Reddit pour rappeler que désavouer des liens peut rester pertinent dans certaines situations. Il a aussi précisé que les liens désavoués mettent parfois plusieurs mois avant d’être pris en compte par Google. Ce délai surprend encore beaucoup de personnes qui espèrent un effet rapide.
Dans la pratique, il est conseillé de réserver l’usage de cet outil aux cas où le site a réellement reçu une pénalité manuelle liée aux liens. Cette information apparaît dans la section “Actions manuelles” de Search Console, et un e-mail de notification est envoyé au propriétaire du site. C’est le signal le plus fiable pour savoir si un désaveu de liens est nécessaire.
La documentation officielle de Google reste un peu plus large sur le sujet. Elle évoque aussi bien les actions manuelles déjà en place que celles qui pourraient survenir, notamment en cas d’achat de liens ou d’autres pratiques contraires aux règles de Google contre le spam. Dans ces cas, Google recommande d’abord de tenter de faire retirer les liens problématiques directement auprès des sites concernés, et de ne désavouer les URL en question qu’en dernier recours.
Essayer d’anticiper une pénalité manuelle qui n’existe pas encore demande beaucoup de temps et d’énergie, pour un résultat souvent incertain. Ce type de pénalité reste rare aujourd’hui. Mieux vaut donc concentrer ses efforts sur les cas où une pénalité a été confirmée par Google, plutôt que de chercher à deviner ce qui pourrait arriver.
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Pénalité manuelle et pénalité algorithmique, deux choses différentes
Une bonne partie de la confusion autour du désaveu de liens vient du souvenir des anciennes pénalités liées au netlinking abusif. En 2012, Google a commencé à sanctionner automatiquement les sites qui pratiquaient un maillage de liens artificiel, via la mise à jour connue sous le nom de Penguin. À cette époque, désavouer ses liens permettait de se relever de ce type de sanction, même sans action manuelle déclarée.
La situation a changé en 2016. Google a annoncé que Penguin faisait désormais partie de l’algorithme de base, et fonctionnait de manière beaucoup plus fine qu’avant. Cela signifie qu’un lien de mauvaise qualité ne fait plus baisser le classement de tout un site. Il perd simplement une partie de sa valeur en tant que signal d’autorité, et cela ne concerne que la page ciblée par ce lien.
Des liens toxiques peuvent aujourd’hui exister sans provoquer de dégâts sur l’ensemble d’un domaine. Leur effet se limite au niveau de la page concernée. Tant qu’aucune pénalité manuelle n’a été confirmée, il n’y a donc rien de particulier à corriger ou à désavouer.
Le désaveu de liens n’a pas totalement disparu du paysage du SEO, mais son usage s’est considérablement réduit. Il garde sa place pour les cas confirmés de pénalité manuelle liée aux liens, rien de plus. Pour tout le reste, les efforts sont mieux investis ailleurs, sur des actions qui ont un impact réel sur le classement et la crédibilité d’un site.
